Un reboot de Archie, Godzilla en enfer, Thor qui se la joue détective et le Panopticon: Juillet 2015

Les cochonneries du mois

Batman #42

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Déjà, il faut le dire, le « Bat-Truck », on s’en fout éperdument. Mettre de l’avant les gadgets de Batman, ça marchait peut-être dans les années 60, mais faut en revenir un jour.

À part ça, le reste du numéro reste selon moi très faible. À part quelques bons coups (dont un gag métatextuel au début du numéro), Batman #42 semble montrer que la série est sur une pente descendante depuis le #41. Le problème n’est pas que Batman est désormais un robot contrôlé par Jim Gordon, ça aurait, au contraire, pu être un excellent moyen de donner du sang neuf à la série. Le problème réside plutôt dans le recours à des procédés narratifs très médiocres pour compenser le fait que ce changement de protagoniste est fait en surface et pas en profondeur.

En premier lieu, le fait que Bruce Wayne soit vivant et qu’on le suive (deux numéros après sa mort !) n’est pas quelque chose de très brillant si on souhaite laisser un tantinet de suspens quant à sa mort/non-mort, et même, nous fait savoir que le Bat-Robot n’est qu’un arc narratif et qu’éventuellement (probablement en septembre ou en octobre) Bruce Wayne redeviendra Batman. Deuxièmement, l’équipe qui appuie Gordon, derrière leurs ordis, à bord d’un dirigeable, aidant Batman dans ses combats, semble sortie tout droit d’un épisode de Flash ou de Arrow, série qui sont bonnes, mais qui n’ont absolument pas la même mécanique que Batman.

Finalement, les pensées de Gordon, « sombres et graves », reflétant le passé torturé de la ville et blablabla, sont tout sauf intéressantes. Déjà que Snyder en a abusé dans les 40 premier numéros pour Bruce Wayne, il faut qu’en plus il utilise précisément le même procédé quand c’est Gordon qui est Batman. Bien sûr, ça permet d’ajouter de la profondeur au personnage, et c’est un procédé qui a permis une évolution incroyable des comics quand Alan Moore et les autres auteurs de « l’Âge du fer » l’ont instauré, mais il y a d’autres moyens d’installer une ambiance que de faire monologuer sans cesse le protagoniste sur les mêmes sujets.

Et encore une fois, on s’en fout du Bat-Truck, ne le faites pas revenir.

Punisher #20

Les personnages, autant le Punisher que ses ennemis (des méchants musulmans quelconques qui veulent détruire l’Occident et qui disent sans cesse « infidèle », c’est presque original) sont des coquilles vides. Il n’y a à peu près aucun dialogue, à part des trucs insignifiants vraiment clichés. La fin n’a pas vraiment de sens, ou pourrait en fait être un cliffhanger si on n’avait pas perdu tout intérêt envers la BD après cinq pages.

Par contre, les dessins sont très beaux. C’est dommage que le talent de Gerads soit gaspillé à dessiner des arabes qui meurent. Ce comic aurait été excellent en 1940, dommage pour Edmondson qu’on soit passé à autre chose que des séries comme Reagan’s Raiders.

PS: Vous allez arrêter de m’entendre (mentalement) me plaindre d’Edmondson maintenant, c’était la finale de la série.

Justice League #42

Le numéro 41 de Justice League promettait quelque chose d’extraordinaire ou de très moyen. J’ai aimé la run de Geoff Johns sur ce titre en entier depuis 2011, mais avec la Darkseid War, j’ai pour la première fois douté. Alors que l’arc narratif de l’Amazo virus était selon moi très intéressant, car on voyait l’opposition entre Lex Luthor et Superman de manière intéressante, le nouvel arc mettant en scène des dieux tirés de l’imaginaire de Jack Kirby me semble pratiquement aliénant. En fait, c’est comme si tout était trop gros pour la Justice League.

Hors du concept même de l’histoire, le découpage, les dialogues et le scénario en soi du #42 étaient très décevant. Au début, on voit Luthor et Superman, téléporté pour une raison mystérieuse sur Apokolyps, mais on ne saura jamais pourquoi. Aussi, on voit Wonder Woman se battre dans un combat des plus ennuyants (c’est malheureux, pour une fois qu’elle était mise de l’avant), auquel sont ajoutés des dialogues dont on se fout éperdument. Les autres scènes, elles aussi, sont d’un ennui considérable, et, vu qu’il y a une pléthore de scènes justement, on ne sait pas trop quel est le cœur de l’histoire, et on a l’impression que l’intrigue réside ailleurs que dans les scènes où figurent la League.

Finalement, le tout semble tellement lointain et effacé que même la révélation finale qui, dans un autre contexte, aurait dû me faire jouir, s’avère sans saveur. En plus de tout ça, Johns a décidé de situer son histoire hors de la continuité du reste de DC, donc il se trouve que toutes les révélations individuelles n’ont plus aucun intérêt, car pouvant être finalement vraies dans cette unique continuité parallèle.

Il serait peut-être temps de mettre quelqu’un d’autre sur Justice League (après 42 numéros sur le même titre, c’est compréhensible que la qualité de l’auteur diminue).

La catégorie « Mettez donc un peu plus d’efforts dans vos comics« 

Red Hood/Arsenal #2

Cocasse, sans plus. Pas particulièrement fascinant. Après la lecture, on a la même impression qu’après avoir lu ma critique: il manque de contenu.

Flash #42

Je suis mitigé au sujet de ce numéro. Alors que le #41 était moyen, mais comportait des surprises, on se retrouve avec, encore une fois, un comic moyen, mais au lieu de posséder des surprises, possède plutôt un vilain dont les actions sont intéressantes.

Néanmoins, sans être mauvaise, cette opus de Flash est peu attrayante et même ennuyante. On a le héros le plus rapide du monde mis face à un autre speedster, mais il semble ne rien se passer et le tout se déroule lentement, mais sans les avantages que pourrait retirer un rythme lent.

De plus, les dessins ne sont pas laids, mais sont bizarres (je ne trouve pas vraiment l’adjectif approprié pour les décrire). Barry Allen ne ressemble pas vraiment à Barry Allen et le découpage n’apporte rien à l’ambiance ou au rythme. On en vient à regretter la run de Manapul et de Buccellato.

Les #1 qui ne donnent pas nécessairement envie de s’abonner à la série

Cyborg #1
Pourquoi l’homme de Vitruve en arrière-plan ?

Peut-être un peu trop proche du drame père/fils à la Annie et ses hommes, le premier numéro de cette nouvelle série n’est pas un chef-d’œuvre, sans être mauvais pour autant. En fait, j’ai bien apprécié l’approfondissement de Cyborg, qui est pas mal le personnage dont on se fout habituellement dans la Justice League.

Cependant, le rythme se voit brisé par des scènes énigmatiques prenant place dans un monde de robots-aliens quelconques. Or, s’il aurait pu y avoir un peu de mystère avec ces scènes, le procédé narratif est si souvent utilisé que ça ne donne pas grand chose. À vrai dire, je ne sais pas trop quoi ajouter au sujet de ce numéro, sinon que les dessins d’Ivan Reis sont très beaux, comme à l’habitude.

Lando #1

Je dois l’avouer, je pars peut-être avec une mauvaise foi envers les comics de Star Wars de Marvel, car j’étais attaché à ceux de Dark Horse, dont je n’étais pas un immense consommateur, mais auxquels j’aimais parfois m’adonner à la lecture.

Néanmoins, dans le cas de Lando #1, ce sentiment anti-marvelien ne se trouve pas vraiment présent dans mon appréciation de la BD en question, car je trouve qu’elle souffre du même problème que plusieurs séries possédaient chez Dark Horse: les personnages sont très bien développés, mais l’intrigue ne l’est pas nécessairement. En fait, avec les franchises très populaires comme Star Wars, j’ai l’impression que les comics misent trop souvent sur la notoriété des personnages, au lieu de les considérer comme des protagonistes lambda. La critique de Jeff Lake pour IGN en donne un bon exemple: « Though nothing groundbreaking in its setup, it’s great to see Lando have to rebound from the various hurdles he encounters »

En fait, c’est exactement ça: il n’y a rien de vraiment brillant, rien qui sort de l’ordinaire, mais c’est Lando, donc ça ajoute une plus-value qui fait paraître le numéro comme meilleur qu’il ne l’est vraiment. Par contre, comme mentionné plus haut, les personnages sont très bien développés, donc c’est une lecture qui n’est pas désagréable

Passez votre tour si vous ne lisez pas déjà la série

Aquaman #42

Alors que le numéro précédent se décrivait aisément par « hein ? », celui-ci se décrit mieux par « ah, ouais, nice ». L’histoire devient plus compréhensible maintenant, et le personnage d’Aquaman gagne en profondeur et en personnalité. De plus, l’histoire prend un tournant assez épique, ce qui est fort appréciable pour ce titre (parce que, oui, Aquaman est l’un des comics les plus épiques du New 52).

Néanmoins, l’art laisse à désirer, les dessins de McCarthy ayant toujours l’air un peu brouillons et flous, mais sans l’assumer assez pour que ça ajoute du style à la chose (comparativement à des trucs comme O-Ken dans lequel Jeik Dion assume pleinement l’aspect brouillon des dessins).

Secret Six #4
Le numéro parle vraiment d’écureuils-grenade

Tout semble bizarre dans ce numéro. Peut-être est-ce bien, peut-être que ce ne l’est pas, je ne sais pas trop. Le moment marquant selon moi se situe quand un personnage mange un biscuit, ce qui n’est pas nécessairement une marque de qualité, mais en même temps j’ai un faible pour les biscuits puisque j’en consommait une quantité industrielle quand j’étais jeune.

Un numéro qui ne vaut pas vraiment le détour, mais qui n’est pas mauvais pour autant. Il s’ancre très bien dans la série par contre.

Pas révolutionnaire, mais bien quand même (la catégorie « KKE »)

New Suicide Squad #10
La couverture n’a aucun lien avec le contenu du numéro

Alors que normalement, Suicide Squad joue plus dans le domaine du « Bim, Bam, Boom, Bataklan ! » (une référence obscure aux Denis Drolet est cachée dans cette phrase, saurez-vous la trouver ?), le nouvel arc fait du bien, laissant respirer un peu l’histoire pour mieux situer les personnages dans cette équipe anticonformiste. Black Manta devient de plus en plus intéressant (sa relation avec Aquaman étant celle qui devrait exister entre le Joker et Batman, en quelque sorte), de même que Reverse-Flash et Harley Quinn.

Les intrigues de bureau de Waller et l’autre gars dont j’ai oublié le nom sont cependant plus ou moins captivantes, mais ne sont pas pourries non plus. Aussi, on se fout pas mal de l’employée de bureau qui travaille trop, sa vie n’est pas trépidante donc c’est un drôle de choix de la mettre de l’avant (le réalisme de la vie morne et quotidienne, laissez ça à Zola).

Lobster Johnson: A Chain Forged in Life

Ce one-shot, on doit se l’avouer, est plus que classique dans son scénario. En fait, il n’y a rien que je n’aies déjà vu dans d’autres histoires (surtout dans les films de Noël en fait, étant donné que ce comic se déroule durant la période des fêtes). Aussi, les dialogues sonnent un peu faux, les méchants disant trop de trucs que les vilains stéréotypés diraient.

Néanmoins, le tout est assez bien réalisé pour ça vaille la peine de dépenser 3,50$ pour cette BD, qui est divertissante. Contrairement aux spéciaux de Noël (qui ne sortent pas en juillet, déjà) qui sont habituellement très mauvais (le Marvel Holiday Special de 2011 est l’une des choses les plus pathétiques que j’ai lu de ma vie), on se retrouve avec une one-shot qui devrait plaire à la plupart des amateurs d’histoires de Père Noël.

We Stand on Guard #1

– Hey ! How are you ?

– Je vais bien, toi ?

– Je suis good.

J’exagère un peu, mais les dialogues ressemblent en partie à cela dans ce premier numéro de We Stand On Guard. En effet, l’histoire nous place au Canada, au Yukon en fait, et les protagonistes comportent un québécois dans leur groupe, donc, nécessairement, il faut que Brian K. Vaughan le fasse parler en français (et avec des fautes, il faut le dire). Cependant, c’est fait tout croche et ça n’a pas rapport.

Sinon, pour le reste du numéro (parce que les dialogues pourris en français-anglais ne sont pas le cœur du numéro), il faut dire que je ne suis pas un grand fanatique de l’unifolié dans la vie. Or, ici, j’ai presque eu de l’affection pour les canadiens en périls, attaqués par des ROBOTS AMÉRICAINS GÉANTS. Oui, vous avez bien lu. Il y a des robots géants qui attaquent des rebelles canadiens au Yukon. Le scénario est moyen, mais il y a des robots géants ! Et les dessins sont magnifiques.

La catégorie « Ça vaut bein une couple de piasses »

Archie #1

La critique a été bonne pour ce premier numéro du reboot de Archie. Très bonne, même. Trop bonne peut-être. Non pas que Archie #1 soit mauvais, bien au contraire, j’ai adoré ce comic, mais il semble que la critique se soit trop vite emporté. En effet, il semble que dernièrement, tout ce qui est différent du super-héros classique, qui est un peu edgy, qui fait jeune et branché, se mérite des éloges plus ou moins méritées. Dans le cas d’Archie, comme je l’ai écrit il y a à peu près trois lignes, j’ai personnellement très aimé, mais je ne crois pas que cette BD soit pour autant un succès retentissant.

En fait, il faut savoir que j’ai une affection un peu malsaine pour les émissions de télévision destinées aux pré-adolescents, dans le genre de Degrassi ou de Ramdam. Et, en terme de série pour pré-adolescents, Archie frappe direct dans le mile. Or, le/la lecteur-e de comic moyen n’est pas un-e fanatique de séries comico-romantiques d’école secondaire (à moins que je ne me trompe). Les dialogues et le scénario de Mark Waid et les dessins de Fiona Staples ont beau être excellents, ça reste que c’est une histoire d’amour quétaine entre Archie et Betty, au final.

Donc, c’est à acheter pour les amateurs des anciens Archie ou pour les férus de Dawson’s Creek, mais sinon, ce n’est rien de fou-malade-dans-la-tête.

Green Arrow #42

Salut Pierce Lydon de Newsarama (qui a donné un 5/10 à ce numéro),

Moi je l’ai aimé le Panopticon (un espèce de gros robot pas gentil inspiré d’un concept de Jeremy Bentham). Oui, Green Arrow #42 n’a pas le style proche de l’horreur du #41. Oui, il y a peut-être trop de trucs mis dans une même histoire. Par contre, ça marche! Le robot orwellien qui est créé pour surveiller tout le monde, ajouté à une ambiance grisâtre mettant en vedette les quartiers pauvres de Seattle, crée un mélange agréable de critique sociale et de prétexte à des scènes d’action qui risquent d’être très intéressantes. En plus, les dessins ne sont pas laids du tout, bien au contraire.

Bien à toi,

André-Philippe

(Pierce Lydon semble apprécier les comics d’une manière tout à fait inverse à moi, ayant donné des notes moyennes à Batman: Arkham Manor et C.O.W.L. et une note pourrie à MPH et Original Sin)

Batman/Superman #22

Le mois dernier, j’ai affirmé que Greg Pak semblait s’améliorer à chaque numéro de cette série, mais il semble que le #21 était l’apex de son talent, l’itération de ce mois-ci étant plus faible. Par contre, il ne faut pas croire que c’était pourri (on est très loin de Batman #42). Au contraire, Pak nous livre une histoire intéressante, qui aurait semblé meilleure si elle n’était pas la suite d’un numéro génial.

En fait, le problème avec ce numéro est qu’il laisse trop vite tomber l’animosité entre Robot-Batman et Superman pour les faire s’unir contre une menace commune. Les deux héros restent hostiles de manière réciproque, mais on aurait aimé que soit peut-être plus approfondie cette hostilité, avant que ne surgisse de terre un vilain-pas-gentil.

Les dessins sont cependant bien réussis et l’écriture possède bien assez de subtilité pour pouvoir être appréciable.

Juste pour l’art, achetez ces numéros

8House: Arclight #1

« Wow », « De kessé ? » et « Euh… » furent mes réactions à la lecture de ce comic. Déjà, je n’étais pas sûr de savoir si cette série était un stand alone faisant partie de l’univers de 8house ou plutôt une partie de la série 8house, et je ne suis toujours pas sûr en fait. Aussi, il est un peu (beaucoup) difficile de comprendre ce qui se passe dans ce premier numéro d’Arclight. On ressent (car oui, avec ce numéro, tout ce passe au niveau de la sensation et pas de l’entendement) des thèmes forts et un imaginaire débile, mais sans jamais vraiment savoir ce qui se passe. Néanmoins, si l’écriture est très belle, l’art est encore plus magnifique

On sent une magnifience proche de ce qu’on pourrait retrouver dans un film de Myzaki, mais avec plus de contraste (peut-être suis-je tout à fait dans le champ aussi, ma force c’est le scénario plus que l’art). Donc, même avec un scénario flou, l’ambiance du comic vaut largement une lecture.

Godzilla in Hell #1
Déjà, la couverture est débile

Aucun dialogue, seulement des dessins, mais des dessins de la plus haute qualité, James Strokoe étant un dieu quand vient le temps de dessiner le reptile géant japonais préféré de tous. En plus, même si la majorité de la BD est simplement un combat entre Godzilla et l’enfer en soi, le scénario réussit à surprendre dans la conclusion de ce premier numéro.

Il n’y a rien de vraiment négatif dans ce numéro, par contre il y a beaucoup de positif. Sachant que Godzilla : Half-Century War, publié chez la même compagnie et dessiné par le même artiste/scénariste, torchait des culs et que Godzilla in Hell ne durera normalement que cinq numéros, je le recommande chaudement.

PS: Merci à Sam Murdock, bassiste du groupe Oromocto Diamond pour la suggestion des deux comics de cette catégorie.

Ils ont passé à deux cheveux d’être placés en premier, mais ils ne sont pas écrits par Jason Aaron

Sidekick #11

J’étais, pour une raison obscure, sûr que cette série était terminée. Finalement, ce n’est pas visiblement pas le cas, et ce n’est pas une mauvaise chose du tout. Je me voyais déjà, écrire sur mon blog, tel le gars des bandes dessinées dans les Simpsons, une critique véhémente, aboyant à l’écrit que la série aurait dû se terminer au #10, que Straczynski étire la sauce, mais finalement j’ai été agréablement surpris.

Dans ce numéro, on entrevoit le passé du protagoniste, dont, au final, on ne savait absolument rien. Même si le fond est classique, le tout prend une tournure originale qui convient très bien à l’ambiance sombre de la série. L’art de Mandrake et HiFi ajoutent encore plus à cette même ambiance sombre, alors que même les scènes lumineuses laissent sous-entendre visuellement que la réalité de Flyboy n’est pas du tout joyeuse.

Si vous n’avez pas suivi la série, ce numéro est probablement une bonne porte d’entrée (mais lire les numéros précédents reste une chose fortement indiquée pour saisir toute la profondeur).

C.O.W.L. #11

Autre finale qui sortait ce mois-ci, contrairement à Punisher #20, C.O.W.L. #11 était un excellent numéro, concluant une série qui a passé relativement inaperçu, mais qui était de très bonne qualité néanmoins. Il faut dire que, cependant, C.O.W.L. est un titre qu’il est préférable de lire d’un coup, ou du moins pas à un rythme d’un seul numéro par mois, car on perd vite le fil de l’histoire (et les nombreux personnages). Néanmoins, même si on ne comprend pas tout sur le champ, l’intrigue, et encore plus son concept, est très intéressante.

Dans le onzième numéro, les dessins sont d’ailleurs à leur meilleur, Rod Reis (à ne pas confondre avec Ivan Reis) étant un dessinateur que je ne connaissais pas avant cette série, mais qui est affreusement bon (surtout dans la finale de C.O.W.L. où son art se démarque encore plus). Achetez le trade paperback quand il sortira, c’est un ordre !

Et le gagnant du prix du meilleur numéro du mois de juillet est…

Thors #2

Le premier numéro de cette série de Jason Aaron (insérer ici plein de petits cœurs) était un peu cliché, étant un genre d’histoire policière beaucoup trop classique, mais avec des Thors à la place des enquêteurs. Or, ici, Aaron pousse plus loin le concept et, tout en gardant le style polar, incorpore un sentiment plus grandiose qui convient à un comic de Thor, en ajoutant des cases de combats de grande envergure et en montrant les personnages davantage comme des porteurs de foudre que des détectives.

Aussi (et surtout), ce numéro dépasse le précédent en donnant une complexité et une envergure plus grande à l’intrigue. Alors que dans le premier numéro le crime au centre de l’histoire semblait être un simple prétexte, ici il est vraiment un morceau important et intéressant de l’histoire. Les personnages, quant à eux, restent tout aussi badass, et Thor-Groot n’apparaît pas (ou du moins il ne parle pas), car, il faut le dire, Groot est, depuis la sortie du film des Guardians of the Galaxy, un espèce de minion pour geek, et c’en est très désagréable.

Quant aux dessins, ils sont peu éblouissants, mais sont néanmoins plus que corrects.

Le bilan de juillet

Quand on se penche un peu sur mes critiques, on voit clairement une tendance: à l’exception de ce qui est fait par Aaron, les comics de Marvel et DC font pâle figure face aux comics des plus petites compagnies, surtout Image qui possède trois des cinq mieux classés. Il va falloir que les deux grosses compagnies comprennent que la qualité du numéro (et du scénario surtout) importe plus que le marketing et que les gimmicks comme « All-New All-trucmuche » ou « DC You », parce que si on veut voir des combats et du « pif paf pouf », il y a bien assez de films louches de Hong Kong pour passer notre vie sans avoir à lire de bande dessinée.

Sinon, je pense peut-être à faire mes critiques en deux parties pour chaque mois, parce que ça commence déjà à devenir gros comme article.

PS: Durant le mois d’août, je vais essayer de publier quelques articles supplémentaires, comme des suggestions de recueils ou encore, possiblement, des critiques de séries de manga, étant donné que je me suis abonné au Shonen Jump dernièrement.

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La montée de lait de juillet: 5$ pour un numéro !?

Les sollicitations d’octobre sont sorties pour Marvel (http://www.newsarama.com/25221-marvel-comics-october-2015-solicitations.html). Comme on s’y attendait, les premiers titres du All-New All-Different Marvel (quel nom merdique, en passant) sont annoncés, dont certains que j’attendais impatiemment comme Dr Strange, Extraordinary X-Men et Uncanny Avengers. Cependant, lorsque je pus enfin voir la couverture de ces futurs premiers numéros et lire la prémisse des aventures que comptais lire avec bonheur, voilà que certains caractères attirèrent mon regard: « 4,99$ ».

Oui, parmi les titres qui sortiront en octobre chez Marvel, un grand nombre seront vendus pour la somme de 4,99$…

Il faut préciser que les numéros vendus à cette somme comporteront 40 pages au lieu du nombre de 32 habituel chez Marvel, mais quand même, 4,99$ ça commence à faire cher ! Surtout si on veut s’abonner à plusieurs séries. 4,99$, c’est le prix du premier album qu’a sortit Alaclair Ensemble, c’est aussi le tiers du prix de plusieurs recueils à couverture souple ! Et en plus il y a de la pub dans les numéros individuels…

Si c’était un one shot à ce prix, ça passerait. Il m’est déjà arrivé d’acheter des singles à 7,99$. Or, là, la chose est tout autre: le #1 est clairement indispensable si on veut suivre la série. Ainsi, on est obligé, si on veut suivre Dr Strange, de payer 1 dollar de plus, dès le premier numéro. Si ce n’était qu’une seule série, ça passerait, mais là, c’est à peu près la moitié de toutes les nouvelles séries qui mettent leur premier numéro à un prix supérieur. Donc, le résultat sera que, nécessairement, le 4$ que me couterait le fait de commencer à suivre quatre nouvelles série ne pourra pas être investi dans une autre série que je voudrais possiblement essayer. Et là, je ne parle même pas de Avengers #0 et Amazing Spiderman #1 qui seront à 5,99$ !

Cette tendance à toujours vouloir faire des éditions « spéciales » coutant un, deux voire trois dollars de plus (ou encore six dollars de plus dans le cas de Deadpool #45), placés à la fin, en plein milieu, ou maintenant au début d’une série commence à être vraiment lourde et n’est visiblement qu’un moyen de faire plus d’argent sur le dos des collectionneurs qui aiment posséder l’entièreté des numéros individuels d’une série. Or, la réalité est que, ça fait chier de devoir se passer de nouvelles séries une fois par mois parce que, pour une raison quelconque, Justice League #41 est à 4,99$ et la finale de Deadpool coûte 10$ (oui, cette hausse de prix-là, je l’ai vraiment mal prise).

Cette volonté des deux grosses compagnies (et surtout Marvel) de toujours vouloir faire plus d’argent grâce à des procédés de marketing louches est l’une des innombrables raisons pour laquelle leurs titres commencent à se retrouver de plus en plus bas dans les classements et que les amateurs les délaissent pour des trucs indépendants qui visent à offrir des produits de qualité, plutôt qu’à soutirer quelques piasses de plus quand c’est possible.

À partir d’aujourd’hui, donc, aussitôt qu’une série offrira un titre coûtant plus cher que le classique 3,99$ (ou 2,99$ chez certains titres de DC), je cesserai de la suivre ! (à quelques exceptions près, peut-être) Donc, en octobre, vous ne me verrez pas lire Dr Strange #1, ni Uncanny Avengers #1 (je m’excuse d’avance, Gerry Duggan), ni, surtout pas, l’infâme Amazing Spiderman #1 à 6$. Je lirai donc…euh… Karnak ?

Sur ce, bonne lecture de comics et à bas le capitalisme !

Batman-robot, Punisher raciste: Juin 2015

Ah, le mois de Juin ! Il fait chaud, les cours d’été finissent, la routine de l’emploi d’été embarque et les gens se permettent de faire des partys super-bruyants vu qu’ils quittent leur appartement sous peu. Résultat: Je reste enfermé à l’ombre, je ne dors pas et, bien sûr, je lis beaucoup trop de comics pour me sortir de la monotonie du travail quotidien et pour oublier que je dois remettre un travail de session reliant le marxisme à l’épicurisme.

Heureusement pour vous, mes 2-3 lecteurs, ces charmantes lectures me permettent de vous faire un résumé de ce qui était bon/pourri durant ce premier mois de l’été.

Le pourri

Punisher #19

Punisher #19

Vous l’aurez surement deviné en lisant le titre de l’article: ce pénultième numéro de Punisher est dans la catégorie pourrie (à moins que vous ayez assumé que je suis un amateur de racisme, ce qui serait déroutant et faux). J’étais déjà mitigé au sujet de la run d’Edmondson, mais ce numéro est définitivement la cerise moisie qui vient trôner au sommet du sundae fait de crème glacée périmée. Comme ce dessert peu alléchant, le Punisher d’Edmondson était plaisant à lire, mais laissait un arrière-goût un peu dégueulasse qui faisait régurgiter un peu en y réfléchissant plus longuement (genre, pourquoi est-ce que Punisher ne tue pas le sénateur corrompu du #18 ? C’est bien beau de dire « nononon, la politique ce n’est pas pour moi, je suis le Punisher », mais y’a quand même des limites).

Dans le #19, Punisher décide de s’allier avec une organisation militaire quelconque (wtf) pour aller combattre une organisation terroriste qui-n’est-absolument-pas-l’ISIS-malgré-de-très-forte-ressemblances. Donc, on a droit à un Frank Castle qui décide de, au lieu de combattre la pègre, défendre les militaires américains en tuant plein de militaires arabes qui ne sont même pas en lien avec la pseudo-ISIS, sans qu’on ne sache trop pourquoi. D’ailleurs Punisher en profite, en passant, pour dire que la cuisine des arabes pue. Plaisant.

Si normalement les comics de Punisher sont intéressant parce qu’ils font réfléchir, par la voie des actes de Castle, ici on se retrouve avec un numéro tout à fait attardé, à la limite du racisme et qui n’a aucune intention de faire réfléchir, mais seulement de faire jouir de plaisir des sudistes imbéciles qui vont pouvoir se dire « oh yes, un dude qui tue des maudits tamouls ». Edmondson devrait peut-être aller piquer un jasette avec Frank Miller, entre islamophobes ils devraient bien s’entendre.

Recommandé pour les gens qui aiment l’armée américaine, donc qui aiment imaginer des non-caucasiens mourir. Si vous voulez lire un comic qui parle de l’ISIS, lisez New Suicide Squad #9

La section: « ouin, peut-être »

Black Canary #1

Black Canary #1

La critique a quand même pas mal acclamé ce numéro qui, pour un titre comme Black Canary, était assez attendu. Néanmoins, comme pas mal de gens sur les internets, j’ai l’impression que beaucoup de critiques acclament n’importe quoi qui sort du commun, sans pour autant s’attarder à la réelle qualité du scénario et du dessin. L’idée de faire de Black Canary une chanteuse punk est quand même très intéressante, mais au-delà de l’idée, c’est assez moyen, un peu comme Tusk. C’est pas mauvais, mais c’est pas malade non plus. Au final, on s’en fout un peu de la guitariste-muette-mystérieuse poursuivie par des créatures quelconques, on veut juste voir Black Canary péter des gueules. L’art est cool par contre.

 Green Lantern: The Lost Army #1

GL: Lost army #1

Dépendamment du site, les critiques étaient soient excellentes (IGN), soit pourries (Newsarama) au sujet de ce numéro. Personnellement, j’en avais entendu surtout du bien, mais au final, peut-être est-ce dû aux hautes attentes, je n’ai pas été vraiment flabergasté. Le début, déjà, avec la figure scénaristique classique de « j’ai été dans l’armée, dans l’armée ça marche comme ça, il faut du courage, blablabla, maintenant j’applique ces apprentissages avec les Green Lanterns » met très peu en valeur John Stewart, qui a subitement l’air d’un Green Lantern encore moins intéressant que Hal Jordan (alors qu’il était vraiment cool quand il est apparut dans Green Lantern/Green Arrow dans les années 70). Sinon, le concept d’avoir les Lanterns perdus dans un endroit quelconque où des formes oranges les attaquent est un peu bizarre, mais pas mauvais pour autant. L’apparition de Guy Gardner, qui possède désormais un anneau rouge et un anneau vert, est par contre assez plaisante. Au niveau de l’art, plusieurs disaient que Jesus Saiz était un dieu et que les dessins étaient beaucoup trop géniaux, mais j’avoue ne pas avoir vraiment remarqué de caractéristiques vraiment malades aux dessins, mais ils étaient biens. Faudra voir où la série s’en va avant de dire si c’était génial ou pas.

Earth 2: Society

Earth Two Society #1

Si vous êtes la seule personne du monde à avoir lu Earth 2: World’s End parce que vous trippiez sur Earth 2 (sérieusement, y’a des gens  qui ont eu une réaction plus intense que « ouin, c’est chill » en lisant Earth 2 ?) , allez-y fort sur ce numéro là. La suite a l’air prometteuse et c’est bien écrit, mais il faut être dans le contexte, sinon il n’y a pas grand chose à comprendre.

La catégorie: « euh… »

Flash #41

Flash #41

Je suis quand même un grand fan de Flash dans la vie, mais j’avoue n’avoir que peu lu de trucs de ce super-héros en dehors du New 52 (en fait, je crois que ça se limite à Flash: Rebirth, qui est un incontournable si vous voulez avoir mal à la tête). Ainsi, peut-être ai-je manqué quelque chose, mais DEPUIS QUAND HENRY ALLEN EST UN GÉNIE MACHIAVÉLIQUE ? Il n’y a pas tant de contenu que ça dans le numéro, mais ça peut être très prometteur ou très moyen dans l’avenir.

Aquaman #41

Aquaman #41

J’étais un grand fan de la run de Jeff Parker sur Aquaman, donc j’attendais la run de Cullen Bunn avec méfiance. Le verdict ?… POURQUOI AQUAMAN CONTRÔLE LA GLACE ?????????????????????????????????????????????????

Le numéro est à la fois super bien et super perturbant. Aquaman est badass, a des nouveaux pouvoirs, son trident peut devenir une épée (ou l’inverse), mais je reste sceptique. En fait, je ne comprend pas trop où est Aquaman et pourquoi il fuit Atlantis, mais surtout, je ne comprend pas si je suis sensé savoir ces informations, où si c’est volontairement obscur. Aussi, si on enlève les flashbacks, le scénario est bâti sur une structure assez semblable à celle de Green Lantern: Lost Army #1. Les ayant lus l’un après l’autre, ça semblait redondant: on a un personnage en plein action dès le début, mais on ne sait pas où il est et ce qui se passe avec lui. Ensuite, on voit un personnage familier utiliser un pouvoir qu’il ne possède pas habituellement (le « pouvoir de glace »/l’anneau rouge de Guy Gardner). Finalement, on a une splash page avec un truc qu’on ne comprend pas trop, mais qui laisse entrevoir la suite.

Sinon, l’art est assez moyen et n’aide pas à la compréhension. Il y a des volcans qui explosent et plein de trucs qu’on ne comprend pas trop, et à chaque case Aquaman semble avoir une face différente.

Batman #41

Batman #41

Batman qui est devenu Jim Gordon dans un robot ? Sérieusement, je trouvais l’idée bien plaisante. Mais Batman qui est devenu Jim Gordon dans un robot sous la tutelle du gouvernement et qui se bat contre un genre d’homme-hologramme ? Ça, ça passe moyennement. D’ailleurs, ça aurait été plaisant que, tant qu’à « tuer » Bruce Wayne, il soit resté mort durant au moins un numéro.

À lire si on a de l’argent en trop

Red Hood/Arsenal #1

Red Hood/Arsenal #1

Pas grand chose à dire sur ce numéro. C’est bien, mais sans être excellent pour autant. Il y a un retournement de situation quand même bien réalisé, l’art fait hautement la job, ça laisse entrevoir de bonnes possibilités pour le futur de la série. C’est un début assez lent, mais la lenteur n’est pas pour autant synonyme de mauvaise qualité.

À lire aussi: Green Arrow #41, Justice League #41, New Suicide Squad #9

Les réussites du mois

Secret Six #3

Secret Six #3

Ce numéro a tellement été repoussé longtemps que j’avais oublié qu’il y avait une série ongoing de Secret Six. Par contre, l’attente en valait la peine. Ce n’est pas le numéro le plus extraordinaire du monde non plus, mais ça reste très bien, et c’est à 2,99$ Yé ! Tout le monde est content ! L’art est bien beau, les dialogues sont excellents et la twist de la fin est inattendue. Lisez ça.

Thors

Thors #1

C’est écrit par Jason Aaron, donc c’est 10/10, excellent, 100%, à lire !

Sérieusement, une BD mettant en scène plein de Thors différents à la manière d’une série policière, quoi demander de plus ? Malheureusement, Aaron fait un peu trop dans le cliché, mais en même temps, ce sont des clichés qui font sourire, donc ce n’est pas trop mal. Je ne peux pas dire que ce soit le meilleur comic écrit par Aaron, loin de là, mais ça vaut la peine de le lire.

Le gagnant du mois de juin

Batman/Superman #21

Batman/Superman #21

On dirait qu’à chaque de numéro de Batman/Superman, Greg Pak s’améliore. Au début, je trouvais la série carrément ennuyante, mais j’ai continué de la suivre parce que j’avais oublié de me désabonner et je me suis ramassé avec 15 numéros que je n’avais pas lus. Finalement, le sommet de la qualité de cette série se trouve au #21. Pak a dû lâcher un « câlisse » (ou pas, vu qu’il ne sacre probablement pas en français), quand on lui a dit « ah, by the way, Batman c’est rendu Jim Gordon dans un robot bleu laid, pis Superman n’a plus vraiment de pouvoir, tout le monde sait que c’est Clark Kent, et il porte des jeans ». Or, malgré ces « légères » contraintes, Pak s’en sort à merveille et réussit à faire s’incarner parfaitement les âmes des personnages de la série. Lex Luthor, Bat-Robot, Alfred, Clark Kent et le concept de Batman sont tous très bien définis et rendent le tout plus qu’intéressant. Au final, Superman, sans pouvoirs, se retrouve encore plus badass qu’à l’habitude et tout le monde attend avec impatience qu’il pète la gueule à Bat-Robot.

 

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